
« Je m’occupe de Sahabat Insan, afin de restituer leur dignité aux migrants exploités. »
Shabat Insan (Amitié et Humanité en français) est un organisme jésuite d’Indonésie dont le siège est à Djakarta qui s’occupe des immigrés et des victimes du trafic d’être humain.
Le directeur de cet organisme, le prêtre Ignatus Ismartono âgé de 75 ans s’est confié à l’Agence Fides sur son combat contre le trafic d’êtres humains et la prostitution. Il relate les injustices subit par ces personnes.
« Les injustices rencontrées par ces personnes sont nombreuses et différentes. Cela commence avec le recrutement, grâce à la complicité de quelque fonctionnaire corrompu disposé en en falsifier l’âge. Puis elles sont souvent envoyées à l’étranger mais souvent avec une formation insuffisante. Un agent confisque le passeport jusqu’à ce que la dette contractée à l’égard du médiateur ne soit éteinte. Les trafiquants se font payer directement les sept premiers mois de salaire et le travailleur se trouve ainsi sans aucune ressource. »
D’après le prêtre, les victimes « finissent à la merci totale des trafiquants », tandis que les jeunes filles âgées de 16 à 19 ans deviennent des « esclaves sexuelles ».
Dans cette lutte, l’association jésuite Shabat Insan, qui est « financé par les donations des laïcs » n’est heureusement pas seule.
« Cependant, nous ne sommes pas seuls. Il existe par exemple les religieuses présentes au sein de l’association Talitha Kum (organisation internationale promue par l’Union internationale des Supérieures majeures) avec lesquelles nous sommes en étroit contact. »
Après avoir exercé diverses fonctions, le prêtre a déclaré qu’il s’occupait maintenant de « Sahabat Insan, afin de restituer leur dignité aux migrants exploités ». Il rapporte que l’année dernière « l’association s’est occupée du rapatriement des cadavres de 207 migrants. »
Camille Westphal Perrier